Les Restos de Flivo

Une truffe encore humide

17 juillet 2008

La Rosa dei Venti

Lugano le  17 juin 2008 - 14h00 -  J'avais vu sa tronche dans le journal :  Roger Holleindre n'en aurait pas voulu dans son service d'ordre  !  La grande gueule de la Lega locale mangeait donc à trois mètres, avec une bande de fascistes bruyants. Savez-vous qu'à part quelques trognes, les fascistes  padaniens ont des têtes très ordinaires  de  retraités haineux ?  Mais les autres apolitiques avec leurs t-shirts nautiques valent-ils beaucoup mieux ?   Je redoute les "cene tematiche" de l'endroit et je prie  les vieilles déesses lombardes  de m'épargner une nouvelle visite. Ce midi au yacht-club, on  déguste des côtes d'agneau  panées aux pistaches rôties, et, tout à fait entre nous, le garçon boucher apoplectique ne me gène que par son bruit  qui imite  à la perfection  celui du type qui versait  de l'huile de ricin dans la gorge du vieil homme. On ne gardera que les pistaches écrasées, le Ticino et les  orechiette  (parfaites). On est plus suisses qu'eux  (comme Bakounine!) et on les emmerde. Quand même, si on avait joué au rugby par là, on aurait bien été leur parler  des CFF Cargo et de la grève de Bellinzola. Juste pour le fun. ( La Rosa dei Venti - 11, via Foce - 114 CHF pour deux) 13/20

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Le Diable des Lombards

Paris le  3 avril 2007 -  13h20 - Flivo  a une mémoire très sélective : ainsi il associe volontiers  la première  1664 - celle qui râpe, secoue et rétablit les circuits - avec les collants noirs en filet et le rouge à lèvres très beau. Le reste, c'est le corps de l'autre pas embêtant pour un sou, le chopped steack et le cheeseburger sur des tables lourdes,  et mal remises de la nuit, l'indécence  du Paris  Les Halles à 11 heures du matin, la certitude  que tout est vain mais qu'on est bien ensemble à arrêter les questions avant qu'elles ne se posent. Et le Diable, bien sûr. (64, rue des Lombards -  2 couverts  38,30 € + les 2 premières Kro 7,80 €) (12,5/20)

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16 juillet 2008

Osteria del Portico

Lugano le 16 juin 2008 -  21h30 - Seppioline con piselli -  Tagliate a dadini il sedano e la carota e fateli soffriggere con 3 cucchiai di olio e l'aglio. Pulite le seppioline, lavatele e unitele al soffritto; salate, pepate, bagnate con il vino e lasciatelo in parte evaporare. Aggiungete la polpa di pomodoro e il basilico, spolverizzate con un cucchiaino di farina e cuocete a fuoco lento per 40 minuti unendo a metà cottura i piselli.

 

Nous avons manqué le concert du festival Martha Argerich et il pleut ! Mais tout va bien ! La douceur des lacs italiens pénètre jusqu’ici. J’aimerais être un cygne agressif et résigné m’abritant sous les hautes herbes de la berge en attendant que cesse la pluie qui tombe drue pendant des heures, car elle sait qu’elle est aimée des Alpes. Ajoutez à cela l’ambiance de ce bistrot italien un peu chic, mais qui ne le sait pas parce que les Suisses le lui cachent, et vous vous souviendrez d’une odeur d’herbes, d’ail , de croûtons de pain grillé et de chanterelles. Tout ici est d’une extrême fraîcheur et le sourire est chaleureux. L’ambiance d’automne et la cuisine de printemps font disparaître l’été redouté et le temps qui passe. Le cygne vient, d’un coup de bec, de tuer un caneton imprudent, et j’en suis bien content. Taisez-vous ( CHF 128) (14/20)

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30 juin 2008

le Win's

Angers le 11 mars 2008 - (Oui, j'ai du retard). - Qui joue encore au Win's ?  Cet établissement doit être encouragé parce qu'il n'en a pas besoin , la deuxième langue  de sa fiche repas n'est ni la langue de veau ni la langue de pute, mais l'espagnol  (enfin le castillan, quoi) . Et trois  repas  pour 28,80  avec des rognons de veau au romarin  et une mousse ardéchoise  excellente, café compris, qui va se plaindre ?  J'espère seulement que les nouveaux proprios , qui ont monté une SARL  dont ils écrivent le nom  à la main  accueillent  toujours gentîment  les vieux du quartier , et les pères des jeunes filles voilées quand ils viennent boire leur bière de Mars (mais à la main , il n'y a pas le  N° SIRENE ! T'es de la police, toi, connard ?)  ( Angers- Centre Commercial du Chapeau de Gendarme - La Roseraie). (12/20)

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29 juin 2008

L'Impro

Trélazé  le 26 juin 2008 - 14h10. -  Ici on  écoute Radio Alouette et on lit Paru-Vendu,  dans les deux cas avec plaisir, en ce qui me concerne  ( d'ailleurs sur Facebook, je suis né au Puy du Fou). Ici  pour 14,20 € on mange  une  somptueuse salade verte-champignons frais-tomates et saucisson  chaud , on poursuit  avec une  saucisse  sauce moutarde avec des tagliatelles, un fromage  et  33 cl  de vin rouge. Le café est compris et aussi la discussion sur le sculpteur   dont on ne connaît pas  forcément les oeuvres , mais dont on connaît le gendre et sur les poètes de Rochefort dont on ne connaît  rien , mais on aime bien qu'ils existent. Ici, c'est la vie fragile  et simple, le mal au dos, les kinés, la peur de l'opération, les échelles pliables et les scies sauteuses. Je suis  d'à côté, enfin pas très loin, mon look surprend un peu, mais pas  mon accent, on scause  (  Café - restaurant -Place Gabriel-Péri  - Malaquais, quoi !) (12/20)

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25 juin 2008

Le Globe Trotter

J'ai passé une nuit au Globe-Trotter a écouter jouer du violoncelle en sourdine. On dit que  les portions y sont petites, en fait ça dépend. Mais il y a une denrée qui ne varie pas , c'est le sourire, toujours servi à larges rasades. En fait, je crains fort que ceux qui trouvent les portions trop   petites  n'apprécient pas l'ambiance très féminine qui règne ici. Ceux qui n'aiment ni les éléphants aux longues pattes d'insectes,  ni la cuisine  du monde un peu inventive, ni le violoncelle  peuvent passer leur chemin, mais il y en a assez peu, sans doute. ( 17, rue Boisnet - 49100 Angers -15,40€ avec  une carafe de merlot) (12,5/20)

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18 juin 2008

Restaurant Perraudin

Paris le 14 juin 2008 -  Ce fut un bon endroit mais je ne sais plus quand. L'endroit reste rassurant, mais l'invasion se manifeste par des riens, le "Thank You" en bas de l'addition,  l'inévitable " L'Equipe vous remercie" (ibidem). Comme à Mac Do et sans délégué CGT.  L'équipier du jour connaît sans doute mieux le Tequila Sunrise que le Martini, personne ne lui en veut, c'est tout de même bon enfant. Bon enfant ou désinvolte , va savoir !  Les prix restent convenables pour le Quartier Latin. Le repas, convenable aussi, a rassuré les invités, mais  Flivo, vieux bougon,  aurait eu envie  d'entendre le patron  prononcer  "indubitablement"  pour vérifier  que le kangourou n'avait pas d'arêtes ; il admet cependant que la tête de veau était bonne, hommage à Mauricette, sans doute.  ( 157, rue Saint-Jacques  75005 PARIS -  4 couverts - 148,90  euros) (11,5/20)

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04 mai 2008

Ibis Charles de Gaulle Aéroport Terminal

Aéroport - Roissy-CDG -  Le  mardi 15 avril  - 23h45 -  Les images chevauchent les archétypes :  Bolloré se faisant baiser l'anneau épiscopal, un très ancien pape suçant un enfant de choeur ou bien les fondateurs du groupe  Accor  étalant leur vomitif portrait partout où ils le peuvent. Non pas que la bouffe soit toujours vomitive  à l'Ibis Paris CDG Aéroport Terminal ( celle de mon voisin l'était, mais sa tête aussi, on l'eût dit sortie  de la photo des deux fondateurs susdits), cette absence de nom  n'empêche hélas pas  le souvenir et les  habitués échangent leurs condoléances avant de se mettre à table. Ici on n'est pas restauré, à peine nourri, on est traité. un commensal qui faisait le malin a d'ailleurs été privé de son entrée, un autre, qui voulait transgresser la ligne où l'on voulait qu'il attende a du boire du vin rosé  au lieu du rouge qu'il convoitait  sans  le mériter particulièrement. Nous avons  eu nos steaks tartares (en grappillant de-ci de-là   sur les tables et les buffets j'ai pu réunir  la majorité des condiments), notre bouteille de Rioja et les cocktails de fruits (avec les frites destinées au tartare, mais c'est exprès, car l'addiction aux frites permet  aux pickpockets  d'agir, alors que là, comme on n'en a plus très envie, on fait attention). Bref , en dressant les tables du petit déjeuner, le personnel  à peine salarié fait connaissance avec les nouvelles têtes, une bonne partie travaillera encore demain, mais  Mourad ne reviendra que si sa mère insiste : être stagiaire et se faire engueuler, ça va un moment. (47,70€) (7,5/20)

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30 avril 2008

Restaurant Rouge Tendance

Angers, sur la terrasse du théâtre "Le Quai" -  Rue de la Tannerie : Jolie vue sur la Maine et le chateau. Les serveurs sont clonés avec les vendeurs de SFR ou The Phone House ; eux ne peuvent pas résister à l'exploitation  en téléphonant entre deux  arnaques, mais c'est le même climat où l'on débite des argumentaires forgés dans les séminaires de PNL qu'ont suivis les franchiseurs. Cela sent la France de Jack Lang où tout est calculé, même la profondeur des rides et la générosité du wok, on vous explique la bouffe parce que c'est exotique, les nouilles et les légumes : il ne manque qu'une invitation à cliquer  pour se croire  sur les pages TF1-LCI du portail de  laposte.net Cela sent la gauche  de Thibault et la droite de Rama Yade : cuisines du monde, quoi ! D'ailleurs c'est bon et globalement on est gentil, alors pourquoi tant d'humeur ?  Seulement parce que -mesquin- vous avez attendu  cinq minutes votre deuxième verre de vinho verde ?  (Ceci dit au total on a pas mal attendu - trois menus  86,90 €)

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25 avril 2008

Restaurant des Pêcheurs -Grande-Rue - 74140 Yvoire

Yvoire le  jeudi 3 avril 2008 - 22h00 - Ici on paie en francs français, -enfin on devrait, il paraît que ça n'existe plus- et en argent liquide bien sûr, ça permettait la fraude équitable  et  on n'avait pas Sarkozy, ni même  Paul Quilès, l'apparatchick chrétien de la gauche romaine germanique (on ne se souvient pas plus de   Paul Quilès que de Raymond Barre, en fait). L'archéologie  préventive , l'option latin au collège, les internats de filles avec de grands lavabos en zinc où les savons de Marseille pouvaient glisser  pendant que les petites regardaient les grandes qui se cachaient un peu  du regard de la surveillante au chignon. Bien sûr  Eric von Gotha  était censuré  et il y avait Jean-Claude Gayssot... (couché Flivo !).  Le vin rosé au pamplemousse , le filet de féra  au citron et à l'huile d'olive , le Chateau de Ripaille  sont excellents comme la chaleur des  retrouvailles. J'apprends que dans le  Vaudois on dit "huitante" . Le service est chaleureux  malgré les vieux  à côté  qui se vantent d'avoir bouffé gratos une fois  et qui remuent  les souvenirs d'avant-hier et les  cancers d'aujourd'hui. Moi, je suis bien comme un colvert, qui sent sous ses palmes  la tiédeur de la boue du rivage. Et les desserts sont bons. (77,00 €) (13/20)

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